Politique


Olivier Dartigolles, Communiste par héritage

 

 

D’une enfance sud-girondine au poste de porte-parole du Parti Communiste Français, Olivier Dartigolles reste marqué par le poids de la transmission et du mythe communiste. Parcours d’un homme politique nouveau empreint d’un héritage historique.

 

 

Olivier Dartigolles promène son allure bessbège, ses lunettes, son costume de trader et son affabilité comme un symbole du renouveau qu’il appelle de ses voeux pour son parti. Mais le jeune porte-parole du PCF -37 ans- sait d’où il tient son engagement politique : maman sage-femme et militante CGT, père absent remplacé par une figure paternelle de substitution : son grand-oncle. Un fameux personnage, ce Jean Lafourcade. Résistant, déporté à Dachau, il y devient communiste et jouera un rôle prépondérant dans l’éducation du jeune Olivier. Peu disert sur son séjour concentrationnaire, il transmet une vision idéaliste et religieuse du communisme : « Il faut croire en Dieu ou en quelque chose. » Pour lui comme pour Olivier, ce quelque chose sera le Communisme. Cette initiation ne se fait pas sans heurts : repas de famille dominicaux sans fin marqués par des affrontements politiques, « militantisme sacrificiel »selon les mots du jeune Olivier qui souffre parfois de l’engagement politique total de sa famille. Le lien familial, c’est le Communisme. En pleine Perestroïka, son grand-oncle l’emmène au saint des saints : Leningrad. Un voyage initiatique, un pélerinage serait-on tenté de dire si Olivier Dartigolles ne réfutait ce terme. C’est que le grand-oncle n’a pas perdu son sens critique : aux généraux ukrainiens bardés de médailles, il vitupère : « Qu’avez-vous fait de mon idéal? » Presque un blasphème.

Olivier Dartigolles admet pourtant volontiers que le Parti Communiste fonctionne comme une Eglise : un paradis idéalisé, un dogme incontestable, une liturgie omniprésente. Et l’Internationale en guise d’Ave Maria. Petit à petit, grâce sans doute à l’indépendance d’esprit de son mentor, Olivier va accepter cet héritage. Conscient de la grandeur historique du Parti Communiste qui va des luttes sociales à la Résistance. A dix-huit ans, cela se traduit par sa première adhésion au PCF, en 1988. Il est alors un adolescent politisé, volontaire et fort en gueule. Fruit d’un double déterminisme : sa famille mais aussi le théâtre de son enfance : cette « Terre Rouge » , un village situé entre Langon et La Réole. Aujourd’hui, il se dit fier de cette transmission. Il veut porter haut et fort la bonne parole d’un Communisme qu’il souhaite libéré de ses vieux démons, et milite pour une renouvellement du Parti. Heureux et pleinement conscient de l’héritage de ses proches, mais également de l’héritage historique, Olivier Dartigolles incarne l’avenir d’un Parti « qui ne doit pas disparaître. » Tel un missionnaire il continuer à prêcher dans le désert d’un Parti Communiste faible qu’il désire ressusciter. Il lui faudra plus que trois jours…

 

Benjamin König

« Elle est belle ! Je vous présente Anne-Christine Royal. Vous savez, elle a une cousine assez célèbre. » Par ces mots, Jean-Marie Le Pen présente aux journalistes réunis dans la salle de presse Anne-Christine Royal. « On ne choisit pas sa famille » ricane-t-elle. « Oui, enfin il y a pire. » renchérit le vieux chef.

Fidèle, Anne-Christine Royal l’est au F.N depuis 1983. Mère au foyer de 10 enfants, elle est fière d’évoquer son éducation traditionnelle et rigoureuse, qu’elle qualifie d’éducation de droite.

Un congrès particulier
Le XIIIème congrès du F.N, le week-end des 17 et 18 novembre 2007, s’est déroulé dans une drôle d’ambiance. Sur fond de guerre de succession feutrée car repoussée, les lieutenants de Jean-Marie Le Pen aiguisent leurs couteaux en attendant l’affrontement final. Dans ce décor, la cousine de Marie-Ségolène Royal tranche. Discrète, elle porte son éducation jusque dans son apparence. Un maquillage léger, des cheveux aux reflets auburn, un gilet en laine par-dessus un col roulé blanc, une longue et stricte jupe noire qui descend aux chevilles, rien ne semble devoir déroger à la tradition. Derrière ce conformisme vestimentaire, une belle femme se camoufle. Des yeux oscillant entre vert et noisette, un visage harmonieux où se dessine parfois un sourire agréable, Anne-Christine Royal n’a pas à rougir de la comparaison avec l’icône socialiste. Alors a-t-elle héritée de l’ambition politique familiale ?

Une attitude ambiguë
Anne-Christine Royal s’en dit dénuée et prétend n’avoir été candidate qu’à des postes non éligibles. Pourtant, elle a été candidate du F.N dans la 10ème circonscription de Gironde, aux dernières législatives de Juin 2007. Diversion ou discrétion ? La discrétion, elle l’a appliquée presque totalement pendant la campagne, refusant de répondre aux sollicitations médiatiques. Presque, son entourage l’a convaincue en dernière minute de réaliser un coup d’éclat. Attachée aux pieds de vignes d’un vignoble du Libournais, elle a, telle une réincarnation de Jeanne d’Arc, alerté l’opinion sur la “mort annoncée” de la viticulture régionale. Le pinard, la préférence nationale et le courage mis en scène, tous les ingrédients de propagande populiste sont réunis.

Un score flatteur dans un contexte morose
Une propagande plutôt efficace : Anne-Christine Royal est arrivée en 4ème position de l’élection, juste derrière le candidat de l’UDF-Mouvement Démocrate obtenant 5,19 % des voix. Un score, au-dessus de la moyenne nationale du parti frontiste pour ces législatives, et qui lui permet de se voir rembourser les frais de campagne.

Ce bon résultat doit-il être appréhendé comme la preuve d’un talent politique ou reflète-il une certaine “pipolisation” de la vie politique française ?

Le fait d’avoir une star de la politique française dans sa famille, qui plus est dans le camp adverse, ne peut pas être néfaste pour la médiatisation devenue indispensable en politique. Anne-Christine Royal ne semble pas avoir la carrure, ni correspondre à l’idée que l’on se fait d’une “bête politique”. Le choix du F.N de l’investir comme candidate aux législatives est un choix purement opportuniste. Surfer sur la popularité de Ségolène Royal, cela se place dans la nouvelle stratégie d’ouverture et de dédiabolisation du F.N défendue par Marine Le Pen.

Ségolène Royal justement, Anne-Christine Royal dit combattre les idées et non les personnes. Elle refuse une quelconque filiation politique avec sa cousine. Même si elle reconnaît une proximité évidente dans leurs éducations respectives, la “Royal frontiste” pense que Ségolène est profondément de gauche. Selon elle, l’ex-candidate socialiste de la dernière présidentielle a simplement utilisé l’aspiration actuelle de la société française pour les idées de droite. De façon très intelligente, Ségolène Royal aurait utilisé des thèmes chers à la droite non par conviction mais par opportunisme.

Une vive critique de Ségolène
Si Anne-Christine Royal ne combat pas les personnes, elle n’est pas pour autant dépourvue de critiques acerbes pour sa célèbre cousine : « je crois que fondamentalement Marie-Ségolène n’a pas l’amour de son pays, cet attachement viscéral à la patrie ». Au F.N, l’amour viscéral de la patrie rimait encore lors de ce congrès avec stigmatisation de l’autre, l’étranger immigré ou le “français de papier”…

Anthony Hernandez

« Prioritaire » pour Juppé, « préoccupant » pour Rousset, à un mois du premier tour de l’élection municipale, le logement social est un enjeu majeur de la campagne. Professeur en aménagement de l’espace et de l’urbanisme, Maurice Goze insiste sur la nécessité d’une action des élus.

Quelles actions les politiques doivent-ils initier en matière de logement social ?

Tout d’abord, le logement social n’est pas un problème spécifique à Bordeaux intra-muros. Il concerne toute l’agglomération. Une mauvaise répartition de ces logements sur le territoire est indéniable. Les candidats doivent veiller à ce que certaines zones acceptent un rééquilibrage. Aujourd’hui, avec la hausse du prix de l’immobilier, les logements sociaux sont perçus comme une concentration de la pauvreté. Il existe donc un a priori négatif : les gens ont encore la vision de l’urbanisme des années 60. Il faut sortir de ce cliché.

- Peut-on dresser une carte de cette mauvaise répartition ?

Certaines zones connaissent une surprésentation du nombre de logements sociaux. C’est le cas aux Aubiers, au Grand-Parc, à Lormont, Cenon et Floirac. Elles représentent à elles seules environ 70 % de l’habitat social de l’agglomération.

- Où en est Bordeaux par rapport aux objectifs fixés par la loi SRU ?

Le taux de logement social à Bordeaux se situe entre 14 % et 15 % au regard de cette loi, qui fixe un minimum de 20 % de logement social pour les villes importantes.

- Concrètement, combien faut-il construire de logements pour combler ce retard ?

Environ 7000. L’enjeu étant de favoriser la construction de logements « très sociaux », accessibles aux plus modestes, ce qu’on appelle les PLAI. Les collectivités publiques ont tendance à mettre l’accent sur « le haut de gamme » du logement social au détriment du reste.

Propos recueillis par Anthony Hernandez, Willy Le Devin

 

 

Des échanges houleux, des invectives : ou comment transformer InCité, un projet consensuel à l’origine en un véritable pugilat politique. Rénovation des logements insalubres, protection du patrimoine, les objectifs d’InCité furent approuvés par l’opposition en 2002. Six ans après, le bilan de cet organisme suscite la controverse. « Une action insuffisante menée avec des méthodes de voyous. Intimidation, pression éxercée à l’encontre des intéressés pour qu’ils quittent leur habitation » affirme un élu PS. Le président d’InCité, Hugues Martin revendique 77 « relogements réussis », et se défend de toutes pratiques abusives.La polémique se poursuit jusque sur le Web. Publié sur Wikipédia, un article favorable à InCité a été modifié fin 2006, suite aux objections des opposants au projet. Les deux points de vue s’expriment à présent sur la toile en toute neutralité . Un comble dans cette affaire…

Anthony Hernandez, Willy Le Devin

En novembre dernier s’est tenu à Bordeaux le congrès national du F.N. Edifiant. Derrière le discours lisse et policé des dirigeants qui nous répondent toujours aimablement, il suffit, grâce à une once de curiosité, de pousser une porte pour pénétrer dans un autre monde. Celui de la xénophobie ou de la démagogie, selon la conférence qui se tient. En l’occurence, après trois minutes dans cet amphi, découverte d’un phénomène : Dominique Martin, conseiller régional FN de Rhône-Alpes et candidat aux municipales à, Cluses en Haute-Savoie. L’énergumène est chargé, en ces temps de crise financière, de donner un cours magistral de campagne électorale… Et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’individu n’a peur de rien… Il faut faire “démago”, et aller voir les Portugais parce que “Ca vote aussi”, même si “en cuisine, ils font tout eux, roulé sous les aisselles…” Et attention les oreilles, car Dominique Martin est un mélomane : 10000 exemplaires d’une chanson qui n’est pas sans rappeler les premières activités de disquaire du Grand Chef… Bref, un petit son édifiant qui montre que le F.N ne s’est pas acheté une conduite, seulement un permis, et frôle la sortie de route…

Le son est ici :

http://www.mediafire.com/?cw1ju447jwl

Benjamin König.

Pour me joindre : konig.ben@free.fr