26 mars 2008
Portrait d’Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti Communiste
Posted by leselephantos under Politique | Tags: communiste, Dartigolles, PC, portrait |No Comments
Olivier Dartigolles, Communiste par héritage
D’une enfance sud-girondine au poste de porte-parole du Parti Communiste Français, Olivier Dartigolles reste marqué par le poids de la transmission et du mythe communiste. Parcours d’un homme politique nouveau empreint d’un héritage historique.
Olivier Dartigolles promène son allure bessbège, ses lunettes, son costume de trader et son affabilité comme un symbole du renouveau qu’il appelle de ses voeux pour son parti. Mais le jeune porte-parole du PCF -37 ans- sait d’où il tient son engagement politique : maman sage-femme et militante CGT, père absent remplacé par une figure paternelle de substitution : son grand-oncle. Un fameux personnage, ce Jean Lafourcade. Résistant, déporté à Dachau, il y devient communiste et jouera un rôle prépondérant dans l’éducation du jeune Olivier. Peu disert sur son séjour concentrationnaire, il transmet une vision idéaliste et religieuse du communisme : « Il faut croire en Dieu ou en quelque chose. » Pour lui comme pour Olivier, ce quelque chose sera le Communisme. Cette initiation ne se fait pas sans heurts : repas de famille dominicaux sans fin marqués par des affrontements politiques, « militantisme sacrificiel »selon les mots du jeune Olivier qui souffre parfois de l’engagement politique total de sa famille. Le lien familial, c’est le Communisme. En pleine Perestroïka, son grand-oncle l’emmène au saint des saints : Leningrad. Un voyage initiatique, un pélerinage serait-on tenté de dire si Olivier Dartigolles ne réfutait ce terme. C’est que le grand-oncle n’a pas perdu son sens critique : aux généraux ukrainiens bardés de médailles, il vitupère : « Qu’avez-vous fait de mon idéal? » Presque un blasphème.
Olivier Dartigolles admet pourtant volontiers que le Parti Communiste fonctionne comme une Eglise : un paradis idéalisé, un dogme incontestable, une liturgie omniprésente. Et l’Internationale en guise d’Ave Maria. Petit à petit, grâce sans doute à l’indépendance d’esprit de son mentor, Olivier va accepter cet héritage. Conscient de la grandeur historique du Parti Communiste qui va des luttes sociales à la Résistance. A dix-huit ans, cela se traduit par sa première adhésion au PCF, en 1988. Il est alors un adolescent politisé, volontaire et fort en gueule. Fruit d’un double déterminisme : sa famille mais aussi le théâtre de son enfance : cette « Terre Rouge » , un village situé entre Langon et La Réole. Aujourd’hui, il se dit fier de cette transmission. Il veut porter haut et fort la bonne parole d’un Communisme qu’il souhaite libéré de ses vieux démons, et milite pour une renouvellement du Parti. Heureux et pleinement conscient de l’héritage de ses proches, mais également de l’héritage historique, Olivier Dartigolles incarne l’avenir d’un Parti « qui ne doit pas disparaître. » Tel un missionnaire il continuer à prêcher dans le désert d’un Parti Communiste faible qu’il désire ressusciter. Il lui faudra plus que trois jours…
Benjamin König