Relogée temporairement dans un T2, suite à une opération de réhabilitation menée par InCité, Fabienne L. dénonce ses conditions de vie.

Des murs décrépits, un escalier étroit qui serpente, Fabienne L. et ses deux petites filles vivent dans un T2, rue des Ayres, depuis juin dernier. Quelques mois auparavant, l’opérateur InCité lui annonce qu’elle devra partir : son immeuble de la rue Teulère, jugé non conforme, fait l’objet d’une procédure de réhabilitation en accord avec le propriétaire. « C’est alors que le cauchemar commence. Visites multiples, coups de téléphone, une pression forte est exercée » explique Fabienne. Sans emploi, et fragilisée par un avenir incertain, elle signe sans prendre garde le bail précaire d’un an dans l’attente d’une solution adaptée. 40m2 au quatrième étage, pas d’ascenseur, pas de chambre pour les enfants, une salle de bain exigüe, le tout pour 453€, la vie de famille n’est pas toujours facile. « L’appartement est trop petit. Nous dormons tous dans la même chambre. Je n’ai plus de vie » raconte Fabienne. La situation perturbe psychologiquement les enfants souligne cette mère de famille. Décidée à se battre jusqu’au bout pour faire valoir ses droits, « elle envisage d’engager une procédure contre InCité » confirme son avocat maître Del Risco. S’étant vu proposer entre-temps des solutions de relogement, elle les juge inadéquates. Fabienne refuse à présent de traiter avec l’opérateur malgré une dernière proposition satisfisante, « bien tardive ». Combattive pour obtenir gain de cause, elle avoue, dépitée, vouloir quitter Bordeaux à la fin de l’année scolaire.

Anthony Hernandez, Willy Le Devin