Trois matchs, trois succès. L’équipe de France a entamé de la meilleure manière qu’il soit la défense de son titre européen. Au moment de migrer vers Lillehammer et d’y retrouver la Hongrie, l’Espagne et surtout l’Allemagne, les Bleus sont en position idéale. Premier bilan.

Les plus :

La qualité de la défense

Que ce soit lors des Mondiaux de 2001 ou lors de l’Euro helvète il y a deux ans, la France a toujours bâti ses succès sur une défense haut de gamme. Après un premier match pour le moins compliqué face à des Slovaques très accrocheurs, la défense tricolore a redressé la barre et monte en puissance. Le nombre de parades réalisées par Omeyer est là pour en attester : 14 contre la Suède, 15 face à l’Islande. Avec une clef de voûte tel que Didier Dinart, les Bleus sont armés d’une défense en béton.

Une base arrière de haute volée

Daniel Narcisse à gauche, Nikola Karabatic au centre, Jérôme Fernandez à droite. La base arrière française est sur le papier l’une des meilleures du monde. Elle a prouvé sur le parquet de Trondheim lors des trois premières rencontres sa complémentarité. Entre un Narcisse qui justifie à chaque sortie son surnom d’Air France, un Karabatic capable de débloquer la situation à lui tout seul et un Fernandez régulier qui ne rechigne plus à jouer sur le côté droit, la base arrière fait peur. Une peur bleue.

Olivier Girault

Difficile de sortir une individualité du groupe France. Pourtant, le capitaine tricolore n’a jamais semblé aussi fort. Et il n’hésite pas à prendre ses responsabilités comme lors de la rencontre face à la Slovaquie où son penalty à la dernière minute a offert un succès poussif aux siens. En l’absence de Mickaël Guigou, on attendait beaucoup de lui. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne déçoit pas.

Les moins:

La profondeur du banc et le coaching d’Onesta

Indéniablement, une équipe type s’est dégagée depuis le Mondial de l’an dernier en Allemagne. Derrière le sept majeur (Omeyer, Abalo, Fernandez, Karabatic, Narcisse, Girault et Bertrand Gille) et l’indéboulonnable défenseur Didier Dinart, les choses sont moins claires et Claude Onesta ne fait pas beaucoup tourner son effectif.
Pour sa première grande compétition internationale, Fabrice Guilbert a semblé parfois tétanisé. On sait pourtant l’Ivryien capable de fulgurances en un-contre-un. Son rôle ingrat de joker durant le money-time n’est pas fait pour arranger les choses, la soufflante adressée par Onesta après le match contre la Slovaquie non plus. Le constat vaut également pour Laurent Busselier qui a vu rouge contre l’Islande. Sur l’aile droite, Cédric Paty a lui su saisir sa chance. Doudou Karaboué, sauveur de la patrie contre la Slovaquie, et Guillaume Gille ont prouvé qu’ils étaient à la hauteur pour pallier une baisse de régime éventuelle des titulaires.
Charge à eux d’apporter de la fraîcheur quand Onesta fera appel à eux. Encore faudrait-il que le Toulousain le décide… Les deux jours de repos qui arrivent vont faire du bien. Mais, la route vers un second titre européen consécutif est encore longue, très longue. Tout le monde devra apporter sa pierre à l’édifice.

Les penaltys

En basket, ce sont les lancers-francs, au handball, les penaltys. Le serpent de mer des sports collectifs français revient hanter les rêves Bleus. Avec un pénible 6/11 dans ce fameux exercice à 7 mètres, les Français n’ont pas encore réussi à vaincre leur vieux démon. En l’absence d’un tireur attitré, Karabatic et Girault se relayent avec plus ou moins de réussite. Il faudra que ce soit avec plus si les Tricolores veulent aller loin.

Jonathan Lange